Désinfecter à l’eau de javel

 

Si le chalumeau est un  bon moyen de désinfection pour les ruches en bois, l’eau de javel est très intéressante pour les ruches en plastique, le petit matériel…

Le texte ci-après est un résumé de l’article publié par « la Santé de l’Abeille », N° 263, Septembre-Octobre 2014. Le paragraphe « utilisation » a été modifié pour prendre en compte les données du « Guide des bonnes pratiques ITSAP ».

Attention, l’eau de javel n’est pas autorisée sur les ruches, cadres… en apiculture biologique. Seuls les traitements tels que la vapeur ou la flamme … sont autorisés.

L’eau de javel est une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (NaClO). Elle se présente sous forme liquide ou solide. Sous forme liquide, elle est commercialisée à différentes concentrations.

La concentration, autrefois donnée en pourcentage de chlore actif est maintenant exprimée (depuis 2001) en degré chlorométrique (°chl).

Dénomination Usage conditionnement Degré chlorométrique
Concentrés, extraits Grand public Berlingots (250 ml) 36° chl
Eau de javel* Grand public Bouteille (1 ou 5 litres) 36°chl
Eau de javel Grand public Bouteille (1  ou 1,5 litre) 9°chl
Hypochlorite de sodium Industriel Flacons ou bouteilles en plastique 47-50°chl
Hypochlorite de sodium Industriel Flacons ou bouteilles en plastique 100°chl

 

* : en vente dans les magasins de bricolage.

 

Précautions : L’eau de javel est un produit très irritant : il faut donc éviter tout contact avec la peau et les yeux.

Il ne faut jamais utiliser l’eau de javel avec un autre produit (exemple : produit ménager, vinaigre…), en raison du risque de dégagement gazeux.

 

 

Utilisation :

Pour réaliser une désinfection efficace, il faut faire tremper le matériel pendant 10 minutes dans une solution à environ 9°chl, en agitant de temps en temps.

Pour obtenir cette concentration, il faut :

  • soit de l’eau de javel à 9°chl  (bouteille courantes du commerce). Pour un meilleur contact avec les surfaces à désinfecter, on peut ajouter un peu (0,5%) de produit mouillant (liquide vaisselle).
  • soit un berlingot à 36° chl (berlingot 250ml du commerce): on transvase dans une bouteille de 1 litre; on finit de remplir la bouteille avec de l’eau.

L’eau de javel se décompose sous l’effet de la chaleur, de la lumière et en présence de matières organiques. C’est pourquoi :

  • Ne pas utiliser d’eau chaude.
  • La solution de trempage perd son efficacité au fur et à mesure de son utilisation (2 heures). On peut la régénérer en ajoutant la moitié de la quantité de Javel mise au départ.

 

Bien rincer à l’eau claire après les opérations de désinfection.

 

Après utilisation, il est conseillé de laisser la solution de trempage exposée aux UV, hors de la portée des enfants et des animaux ; ensuite, la diluer avant de la rejeter dans le réseau d’assainissement.

 

Difficultés :

  • Produit très irritant, l’eau de javel nécessite des précautions dans son utilisation.
  • Il faut trouver un récipient adapté à la taille des ruches.

 

Intérêt de l’eau de javel :

Ce produit est très adapté à la désinfection :

  • Des ruches en plastique,
  • Du petit matériel (lève-cadre…),
  • Des protections (gants…). Attention, les concentrations mentionnées ci-dessus peuvent endommager les vêtements. Si l’apiculteur suspecte une maladie, il est préférable d’utiliser des gants jetables…. et de laver les vêtements et gants spécifiques-apiculture avec des concentrations plus diluées. Pour plus d’informations, se connecter au « Guide des bonnes pratiques ITSAP ».

Les travaux d’automne

Il s’agit de fournir à nos essaims les meilleures conditions pour affronter l’hiver.

Pour s’assurer de l’état d’une colonie, il faut ouvrir la ruche un jour de beau temps chaud, évaluer les quantités de couvain.

Réunir les colonies les plus faibles. Un essaim peu populeux aura des difficultés à se protéger du froid, son développement printanier sera plus long ; ainsi, la colonie ne sera pas prête pour les miellées précoces du printemps. On considère qu’une colonie est faible lorsque :

  • Ruche Dadant ou Voirnot : elle comporte 2 cadres de couvain ou moins.
  • Ruche Langstroth : elle comporte 3 cadres de couvain ou moins.

 

Peser la ruche.

Une ruche DADANT 10 cadres doit peser au moins 32kg, sans le toit et sans le nourrisseur couvre-cadre. (Une colonie -ruche 10 cadre- nécessite 15 kg de réserve).

Si le poids est inférieur à 32 kg, il faut faire un apport de sirop de nourrissement pur. La quantité à apporter doit être égale à l’écart entre le poids de la ruche et 32kg, et ajouter 20%, pour tenir compte du taux d’humidité du sirop. Eviter le nourrissement au sirop à partir du 15 octobre.

 

Placer les réductions d’entrée sur les ruches.

Traitement anti-varroas: 

  • Si vous avez utilisé des lanières, pensez à les enlever à la fin de la période de traitement.
  • Vérifiez l’efficacité des traitements. Un lange graissé placé sous le plancher grillagé récupère les varroas morts de mort naturelle. Si vous comptez 1 à 2 varroas tous les deux jours après traitement, pensez à un traitement complémentaire en hiver. Vous pouvez  contacter le GDSA 23 pour plus d’informations.

Frelon asiatique : Essayez de repérer les nids. Contactez votre mairie ou votre communauté de communes.

Protéger les ruches des animaux sauvages qui peuvent les détériorer ou déranger les essaims.

 

Surveiller le comportement des essaims (essentiellement le pillage).

Les travaux d’avril

  • Uniquement en cas d’attaque, installer un piège à frelon asiatique.
  • Continuer la visite de printemps, déplacer les cadres mis en mars vers les cadres de couvain.
  • Préparer les hausses pour les miellées à venir,  faire bâtir des cadres de cire gaufrée.
  • Placer les hausses dès que possible (attention, le miel de printemps fige très vite).
  • Là où la nature est en avance, contrôler les cadres de la hausse. Dès qu’ils sont operculés aux trois quarts, on peut les prélever et extraire.
  • Pour ceux qui le souhaitent, pratiquer l’élevage de reines.
  • Constituer des nucléis qui seront les ruches de production de l’année prochaine.
  • Dans les régions où les températures et les conditions météo le permettent, surveiller l’essaimage naturel et éventuellement le limiter.
  • Piéger le varroa en installant des cadres non cirés (ces cadres hébergeront du couvain mâle qui sera détruit ultérieurement).
  • Transhumance: préparer les aires et le matériel.
  • Préparer le matériel d’extraction.

 

Les travaux de mars

– Uniquement en cas d’attaque, mettre en place les pièges pour les frelons asiatiques,
– Installer les abreuvoirs pour les colonies,
– Vérifier que les réserves en nourriture sont suffisantes,
– Dès que les températures le permettent, commencer les visites de printemps. Dans les zones plus froides, il faudra attendre , mais effectuer s’il y a lieu une visite rapide,
– Enlever les cadres de rives vides et moisis, et les remplacer par des cadres avec de la cire gaufrée,
– Nettoyer les planchers et les planches d’envol et les désinfecter,
– Effectuer le nettoyage de printemps aux abords et autour du rucher,
– Dans les secteurs où les miellées sont plus tardives, commencer ou continuer les nourrissements de stimulations avec des sirops 50/50 (50% de sirop ou sucre et 50% d’eau) par petites quantités (1/4 ou 1/3 de litre tous les deux ou trois jours),
– En cas d’infection importante de varroas effectuer un traitement anti-varroa avant les miellées et la pose des hausses (le traitement devra être terminé avant la pose des hausses. Pas de traitement pendant les miellées).

Varroa

Le varroa est apparu en France en 1984. Ce parasite ponctionne l’hemolymphe de l’abeille, il va donc fortement l’affaiblir .Varroa va aussi transmettre des agents pathogènes (virus..) à l’abeille. Varroa est présent toute l’année dans la ruche et se multiplie dans le couvain fermé. La population de varroa se multiplie très rapidement à partir du printemps quand la reine recommence à pondre.
Une ruche qui n’est pas traitée meurt au bout de trois à quatre ans .
En France, seuls les produits ayant une AMM sont autorisés.

Une façon simple de surveiller le taux d’infestation des colonies:

  • Placez un lange graissé sous le plancher grillagé pour récupérer les varroas morts de mort naturelle.
  •  Tous les 2 jours, comptez le nombre de varroas tombés sur le lange.
  • Si vous comptez:
    • en hiver, plus de 1 à 2 varroas tous les 2 jours,
    • au printemps, plus de 12 varroas tous les 2 jours,
    • au début de l’été, plus de 20 varroas tous les 2 jours,
    • milieu de l’été, plus de 32 varroas tous les 2 jours,         vous devez envisager un traitement.
  • pour définir le traitement adapté, vous pouvez contacter le GDSA 23.

D’autres méthodes de surveillance du taux d’infestation existent. Pour les connaître, contactez le GDSA 23.

Adhérer

Le GDSA Creuse s’adresse à tous les apiculteurs, professionnels ou amateurs, quel que soit leur nombre de ruches.

Adhérer au GDSA Creuse permet de bénéficier:

  • de toutes les informations concernant les maladies des abeilles
  • de visites-conseils
  • de réduction sur l’achat des produits de traitement  contre le varroa
  • de réductions sur l’achat des feuilles de cire et sur le sirop.

La rubrique « nous contacter » vous permet de nous joindre pour obtenir tous les renseignements complémentaires.

Le formulaire est disponible. formulaire adhésion 2020

Le rucher école

Le GDSA Creuse s’adresse à TOUS les apiculteurs: aux apiculteurs confirmés, aux débutants mais aussi aux profanes qui souhaitent installer une ou quelques ruches.

Le rucher école est là pour permettre:

  • aux apiculteurs confirmés, d’échanger sur les méthodes, les maladies, les traitements, les évolutions de la législation….
  • aux apiculteurs débutants, de conforter et élargir leurs connaissances et compétences.
  • aux futurs apiculteurs, de débuter cette activité avec le soutien des formateurs, des apiculteurs chevronnés, et ainsi, d’éviter un certains nombre d’erreurs.

Le rucher-école est installé dans les locaux et sur les terrains du lycée agricole d’Ahun.

Les travaux de février

En février, au rucher:

  • Faire des visites régulières au rucher pour constater les dérangements suite aux intempéries.
  • Contrôler régulièrement l’état des ruches.
  • N’ouvrir les ruches que si la température est suffisante (13°C), et vérifier que les réserves sont suffisantes, si besoin nourrir au candy.
  • Vérifier la santé apparente des abeilles, la présence éventuelle de souillures sur les frontons des ruches qui laissent supposer la présence de nosémose  (danger sanitaire de 1° catégorie).
  • Surveiller l’extension des colonies.
  • Enlever les essaims morts. Nettoyer les ruches, les désinfecter au chalumeau.
  • Poser les pièges à frelons asiatiques.
  • Il faut profiter de cette période de léthargie des abeilles pour faire des travaux d’aménagement près des ruches,  un peu de terrassement pour circuler plus aisément avec une brouette par exemple pour la récolte,  couper les ronces ou autres envahissants. Les abeilles n’aimant pas les vibrations c’est le moment de jouer de la pioche. Il semblerait néanmoins que quelques herbes devant l’entrée de la ruche, limiteraient les attaques de frelon asiatique…..ce point reste à confirmer.

A l’atelier:

  • Préparer le matériel pour la prochaine saison.